À la croisée des chemins entre sciences de la vie, médecine et innovation technologique, Philippe Pouletty revendique le statut de serial inventeur & entrepreneur, ainsi qu’un âge mental de 36 ans alors qu’il tutoie la soixantaine. Des Hôpitaux de Paris à l’Université de Stanford, il incarne l’alliance féconde de la recherche appliquée et de l’investissement privé au service du progrès et du mieux-être humain.

Un parcours atypique sous le signe de la rupture productive

Son Bac C en poche, il intègre la Faculté de Médecine en 1976 à Paris VI. Se succèdent l’internat aux Hôpitaux de Paris et les travaux de recherche à l’hôpital Saint-Louis et à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), et un diplôme en Immunologie et Virologie à l’Institut Pasteur avec le grade de Major en immunologie. Il décroche en 1985 sa thèse de Doctorat d’État avec les félicitations du jury. Promis à une brillante carrière académique, il rompt dès 1986 avec le confort d’un destin tout tracé et s’envole pour les États-Unis, où il se lance dans la recherche en microbiologie médicale à l’Université de Stanford. Il y développe un process d’amplification des gènes à l’origine de l’un des deux brevets les plus rentables dans l’histoire de la prestigieuse université.

Philippe Pouletty, Un rôle majeur dans le secteur des biotechnologies et du médical

La rupture productive est une notion clé chez Philippe Pouletty. Loin de caractériser seulement la gestion atypique de sa carrière, elle constitue un principe fondamental de toute son action. Pour lui, une innovation n’a d’intérêt réel que si elle modifie radicalement la situation initiale pour un progrès décisif qui « change la vie ». Dans le domaine des biotechnologies, son apport est considérable, tant par les résultats de ses propres travaux que par ses stratégies d’investissement dans des start-up à la pointe de la recherche. Le développement du cœur artificiel Carmat est un exemple emblématique de ces réalisations sans précédent.

Une multitude de sociétés et une pluie de brevets

Philippe Pouletty a su conjuguer l’efficacité de l’économie du capital-risque et celle de la recherche la plus pointue. Le nerf de sa guerre de chaque instant, c’est Truffle Capital, une société de fonds d’investissement qu’il a cofondée en 2001. En 16 ans, 750 millions d’euros ont financé 60 PME en Europe et aux Etats-Unis, mais surtout en France, pour plus de 1000 emplois créés. À l’origine de 32 brevets de premier ordre, dont celui qui lui a valu son entrée au très prestigieux Stanford University Hall of Fame of Inventors, il a présidé, entre autres, l’association France Biotech durant 9 ans. En tant que consultant, il est également sollicité régulièrement par différents gouvernements européens dans le cadre de réformes en faveur des innovations technologiques et de leur financement. Il est notamment à l’origine du statut de Jeune Entreprise Innovante, qu’il a convaincu le président Chirac d’adopter en 2004. Si Truffle Capital et Carmat sont les fers de lance opérationnels et médiatiques de Pouletty, il n’en tient pas moins un rôle prépondérant dans des entreprises de pointe aussi performantes que Pharnext (traitement des maladies métaboliques, neurologiques et immunitaires), Vexim (implant vertébral), Symetis (Valves cardiaques aortiques), Deinove (antibiotiques, produits cosmétiques…), Théradiag (Théranostic), Abivax (médicaments anti-viraux), Epygon (valves cardiaques mitrales) ou encore Carbios (bioplastiques).