Google condamné par Bruxelles à payer 4,34 milliards d’euros

Google condamné par Bruxelles à payer 4,34 milliards d’euros

Mercredi 18 juillet 2018, l’UE a infligé une amende record de 4,34 milliards d’euros à Google, cette fois en lien avec le dossier antitrust d’Android, une décision qui risque d’endommager encore plus ses relations avec les Etats-Unis. « Google a utilisé des pratiques illicites pour cimenter sa position dominante dans la recherche en ligne », a accusé la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Une sanction record

Une fois de plus, la commissaire européenne Margrethe Vestager a condamné l’un des géants du web américain à payer une grosse amende. Google, reconnu coupable d’abus de position dominante dans le fonctionnement de son système Android, a été condamné à payer 4,34 milliards d’euros.

Cette sanction financière bat le record précédent, déjà détenu par Google. Le moteur de recherche de Google est son produit phare. Chaque année, Google génère plus de 95 milliards de dollars de revenus grâce aux publicités diffusées auprès de ses utilisateurs, et une grande partie de ces revenus est due à la puissance croissante des appareils mobiles.

La Commission européenne a également demandé à la société américaine de mettre fin à ses pratiques illicites dans les 90 jours, faute de quoi des pénalités équivalentes à 5% du chiffre d’affaires journalier moyen d’Alphabet dans le monde lui seraient imposés. Google fera appel de cette décision de l’administration européenne, a annoncé immédiatement le porte-parole de Google, Al Verney, dans un communiqué de presse.

Une sanction pour entrave à la concurrence

Dans sa communication, la Commission européenne a décrit en détail ses griefs contre Google. Margrethe Vestager accuse Google d’obliger les fabricants de smartphones et de tablettes tiers à préinstaller certaines de ses applications tout en utilisant son moteur de recherche par défaut, en échange de licences d’exploitation pour certains de ses propres services. En conséquence, les fabricants de terminaux qui souhaitent offrir des produits basés sur Android, un système d’exploitation d’ailleurs gratuit, n’ont d’autre choix que de se conformer aux exigences de l’entreprise américaine, qui utilise ainsi la position dominante d’Android pour attirer les consommateurs vers son écosystème, parfois au détriment des services concurrents.

Une autre plainte de la Commission : Google n’hésiterait jamais à fournir des avantages économiques sous diverses formes aux fabricants et aux opérateurs qui souhaitent installer leurs applications et moteurs de recherche par défaut. Cela aurait entravé le développement d’alternatives durables à ce dernier.

Tout d’abord, le groupe californien a demandé aux fabricants de préinstaller l’application de recherche Google et son navigateur (Chrome) comme condition préalable à l’obtention de la licence pour son magasin d’applications en ligne, Play Store. Deuxièmement, il a payé un certain nombre de grands fabricants de smartphones et de grands opérateurs de réseaux mobiles afin qu’ils ne préinstallent que des applications Google sur leurs appareils. Troisièmement, cela a empêché même les fabricants qui souhaitaient préinstaller les applications Google de vendre un appareil mobile intelligent fonctionnant sur d’autres versions d’Android non approuvées par Google.

Une croisade contre les entreprises américaines ?

La société avait déjà été condamnée le 27 juin 2017 par la Commission européenne à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne en privilégiant son comparateur de prix “Google Shopping“, au détriment des services concurrents .

Outre Shopping et Android, la Commission européenne a un troisième fer au feu contre les pratiques publicitaires de Google. Elle critique le groupe depuis le 14 juillet 2016 pour avoir abusé de sa position dominante auprès d’AdSense, sa société de publicité, en limitant artificiellement la possibilité de sites tiers à afficher des publicités contextuelles provenant de concurrents.

La première entreprise de la Silicon Valley à avoir été condamnée à une amende colossale de la part de la Commission européenne dans une affaire d’antitrust est Microsoft. En 2004, le groupe informatique américain a fait l’objet d’une sanction financière de 497 millions d’euros pour avoir refusé de fournir une documentation technique complète à ses concurrents, afin qu’ils puissent créer un logiciel totalement compatible avec le système d’exploitation Windows. Ce fut ensuite le tour d’Intel, qui a dû payer 1,06 milliard d’euros à la Commission européenne pour l’utilisation de pratiques commerciales abusives qui ont touché ses concurrents, y compris AMD.

Une exacerbation de la relation UE-USA

La décision, qui fait suite à une enquête de trois ans, a pour origine la crainte d’une guerre commerciale transatlantique en raison de la décision du président Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium. Cette nouvelle sanction contre le géant américain s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu entre l’UE et les États-Unis, où les sujets sensibles sont nombreux. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a décidé de se rendre à Washington pour tenter de désamorcer le conflit commercial qui divise l’UE et le président américain Donald Trump, qui est prêt à taxer les importations de voitures européennes dans son pays.

La joie chez les concurrents

Qwant concurrent Google

Les principaux fabricants de smartphones sous Android, notamment Samsung Electronics Co, Sony Corp, Lenovo Group Ltd et TCL Corp., ont refusé de commenter la décision de l’UE.

Le directeur général de Google, Sundar Pichai, a prévenu qu’Android pourrait ne pas rester libre à la suite de la décision de l’UE ou pourrait passer à un modèle de distribution étroitement contrôlé comme son concurrent Apple Inc.

« Nous sommes préoccupés par le fait que la décision d’aujourd’hui va bouleverser l’équilibre prudent que nous avons avec Android, et qu’il envoie un signal troublant en faveur des systèmes propriétaires sur les plateformes ouvertes », a déclaré Pichai dans un blog.

Le chef de la Federal Trade Commission des États-Unis a déclaré mercredi qu’il examinerait de près la décision européenne.

La GSMA, l’association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile, s’est félicitée de la décision, affirmant que les services développés par ses membres peuvent maintenant mieux rivaliser avec les fournisseurs de logiciels.

Les petits concurrents de la recherche Google, tels que Qwant et DuckDuckGo, ont déclaré qu’ils avaient désormais de meilleures chances d’être promus par les fabricants d’appareils.

Le groupe de lobbying FairSearch, dont la plainte déposée en 2013 a déclenché l’enquête de l’UE et dont les membres comprenaient des concurrents comme Oracle Corp, Nokia Oyj et Microsoft Corp, a également salué la décision, estimant qu’elle pourrait aider à rétablir la concurrence dans les applications et systèmes d’exploitation mobiles.

Les analystes de l’industrie cependant ont décrit l’ordre de l’UE comme étant trop tard pour remodeler l’industrie. « Toute action de l’UE s’apparente à fermer la porte de l’écurie après que le cheval ait sauté », a déclaré Geoff Blaber de CCS Insight.

Selon Ben Rogoff, gestionnaire de fonds de Polar Capital, la réalité est que tant qu’elles offrent une grande utilité à leurs consommateurs, les produits et services de Google continueront d’être populaires.

Vers un contrôle plus strict des géants de la technologie

L’UE veut s’assurer que les fabricants de téléphones sont libres de préinstaller les applications de leur choix et permettre la concurrence dans des services tels que la recherche sur Internet. Elle veut également qu’ils soient en mesure d’utiliser plus facilement les versions altérées ou forks d’Android.

Alors que l’impact de la technologie sur la vie moderne se répand, les régulateurs européens ont donné le ton en façonnant des règles pour le secteur. Les gouvernements européens ont tendance à vouloir contrôler davantage les entreprises qu’aux États-Unis.

La différence d’approche a été soulignée après un scandale sur l’usage abusif de millions de données personnelles d’utilisateurs de Facebook dans des campagnes politiques, y compris la dernière élection présidentielle aux Etats-Unis. Les régulateurs européens travaillent donc sur une réglementation plus stricte. Ils veulent aussi influer sur la façon dont certaines entreprises opèrent à l’extérieur du vieux continent.

Dans l’affaire Google Shopping, Google avait soumis en septembre 2017 des solutions, qui sont toujours en cours d’analyse par la Commission européenne. Le groupe californien avait également déposé devant la Cour de justice de l’UE (CJUE), en septembre 2017, un recours contre l’amende de Bruxelles, ce qu’il fera certainement de nouveau dans le cas d’Android. Compte tenu de la complexité des affaires, il faudrait environ deux ans avant qu’une décision de justice soit rendue.

Uber veut breveter un système capable de détecter si un passager est ivre

Uber veut breveter un système capable de détecter si un passager est ivre

Si vous avez déjà partagé un Uber avec un inconnu ivre, vous savez qu’il peut s’agir d’une expérience bruyante, fatigante et brutale. Pour l’instant, il n’y a pas grand-chose que les chauffeurs (et les covoitureurs) peuvent faire pour éviter ce genre de personnes, mais l’intelligence artificielle pourrait y remédier.

Une intelligence artificielle au service d’Uber

Selon une demande de brevet repérée par CNN, Uber a élaboré un système d’intelligence artificielle qui détecte le comportement d’un utilisateur ivre pour s’y préparer avant qu’il ne s’installe sur la banquette arrière. Le système, décrit par les membres de l’équipe Trust & Safety d’Uber en 2016 et publié hier, suit l’utilisation typique de l’application d’Uber : à quelle vitesse ils tapent (et avec combien de fautes de frappe), avec quelle précision ils cliquent sur les boutons, leur vitesse de marche, et la façon dont leur téléphone est habituellement tenu ou est tombé.

Quelqu’un qui demande une voiture pour rentrer chez lui après avoir visité les bars risque d’avoir du mal à taper son adresse ou à marcher vite. De tels facteurs sont intégrés à l’algorithme prévu par Uber, ainsi que des détails sur le moment et l’endroit où le trajet a été demandé. Un appel Uber tard dans la nuit ou un appel provenant d’une zone remplie de bars, alerterait le système sur la sobriété d’un usager différemment d’un appel de jour provenant d’une zone calme.

Selon la demande de brevet, le degré d’ivresse ou de désordre que l’IA estime est ce qui détermine à quoi va ressembler son trajet. Un chauffeur choisi pour prendre un passager particulièrement pompette peut recevoir une notification sur son téléphone à l’avance, ou il pourrait se voir dire de rencontrer le passager à l’endroit désigné un peu plus tard pour donner à la personne plus de temps pour se rendre à la voiture avant le départ. Selon le niveau de sobriété (ou l’absence de sobriété), un passager peut n’être associé qu’à des chauffeurs formés ou expérimentés dans la conduite de personnes dans cet état, ou le passager peut se voir refuser la course.

Le confort des usagers au centre des préoccupations

L’idée d’Uber, telle qu’elle est écrite, parvient à rendre certaines courses nocturnes un peu moins gênantes sans exclure complètement les passagers ivres du service. Pourtant, il est facile de comprendre pourquoi un chauffeur avec une voiture neuve et brillante pourrait réfléchir à deux fois avant de prendre un passager qu’il sait être ivre. Si ces passagers ne sont pas autorisés à prendre un Uber, ils pourraient être amenés à conduire ou à utiliser d’autres moyens de transport qui peuvent être dangereux sous l’influence de l’alcool.

Une autre possibilité inquiétante vient des chauffeurs qui n’utiliseraient pas cet indicateur comme un moyen de dissuasion mais pour en tirer profit. Au cours des quatre dernières années, il y a eu plus de 100 cas d’agression et d’abus de la part de chauffeurs Uber. Selon les documents judiciaires obtenus par CNN, les victimes étaient soit fortement en état d’ébriété, sinon complètement évanouies, pendant l’agression. Cette fonctionnalité de l’IA prévue par Uber pourrait, en théorie, permettre aux chauffeurs de trouver facilement des passagers ivres.

Uber a refusé de commenter sur ces points, mais il est important de noter que ce produit n’en est qu’à ses débuts ; ce n’est qu’une demande de brevet. Les questions décrites ici peuvent être traitées d’une manière plus réfléchie avant que ce projet ne surgisse dans les téléphones de tout le monde, si jamais cela se produit. D’ici là, les innombrables covoitureurs qui prennent Uber devront tolérer l’ivresse, le karaoké impromptu sur la banquette arrière de leur voiture, et peut-être même se faire vomir dessus.

Eoliennes en mer : le futur de l’énergie

Eoliennes en mer : le futur de l’énergie

Combiné à la raréfaction des énergies fossiles, le réchauffement de la planète oblige l’humanité à se tourner vers des énergies moins polluantes et plus durables. Dans cette quête mondiale d’énergies renouvelables plus efficientes et plus compétitives, l’énergie éolienne offshore apparaît comme l’avenir du secteur. Propre, durable et très bon marché, cette forme d’énergie réunit à elle seule tout ce dont rêvent toutes les agences de production d’énergie. La progression fulgurante qu’a connue cette énergie renouvelable ces dernières années témoigne de son énorme potentiel.

Eoliennes en mer : une énergie qui suscite l’enthousiasme

L’UE en particulier a connu une énorme expansion de l’énergie éolienne offshore au cours des dernières années. 4 149 turbines sont maintenant installées et raccordées au réseau, pour un total cumulé de 15 780 MW. Il existe 92 centrales éoliennes offshores, dans 11 pays européens, y compris les sites en construction. Le reste du monde est en train de rattraper son retard. La Chine a installé au total 2 788 MW d’éoliennes offshore fin 2017 et accélère ses développements. De plus, les États-Unis sont entrés en 2016 avec leur premier parc éolien offshore au large de Rhode Island.

Cette croissance mondiale a contribué à stimuler les investissements dans le secteur et les intérêts ont entraîné une baisse substantielle des prix. Au Royaume-Uni, le coût de l’éolien offshore a baissé en moyenne de 47% depuis l’annonce des résultats des dernières enchères britanniques en février 2015. L’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA) a estimé que le vent soufflant sur moins de 5% de la surface de la mer du Nord pourrait fournir environ 25% des besoins actuels en électricité de l’Europe.

Eolienne offshore vs éolienne onshore

L’énergie éolienne offshore constitue une option attrayante qui a été mise en œuvre avec un certain succès en Europe. L’attrait de l’éolien offshore tient au fait qu’il utilise essentiellement la même technologie que l’éolien terrestre, déjà très développé et largement déployé dans le monde, mais avec des avantages notables. Par exemple, contrairement à leurs homologues onshore, les parcs éoliens offshores bénéficient généralement de brises plus fortes et plus constantes qui peuvent générer plus d’électricité que ce qui est disponible avec les parcs éoliens onshore.

De plus, comme les éoliennes offshore ne sont pas soumises aux mêmes contraintes en termes d’espace, de transport, de composants à assembler et d’esthétique que celles installées sur la terre ferme, elles tendent à être plus importantes et plus efficaces. Un autre avantage majeur est que l’électricité produite par les vents offshore est directement transmise à la côte, où se trouvent la plupart des grandes agglomérations, et ne doit donc pas être transportée indirectement sur de longues distances, comme c’est souvent le cas avec les éoliennes terrestres.

Éoliennes en mer VS turbines au charbon et au gaz

Les éoliennes offshore sont clairement préférables à la production d’électricité à partir de charbon ou de gaz, car elles dépendent toutes deux de sources de carburant polluantes et non renouvelables. Ces énergies fossiles émettent des toxines telles que le dioxyde de carbone, l’oxyde nitreux, le dioxyde de soufre, le mercure, les particules et les composés organiques volatils dans l’air et imposent des contraintes élevées sur des ressources limitées telles que l’eau douce.

Le niveau élevé de pollution provenant du charbon en a même fait le point de référence de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La production d’électricité à partir du charbon crée, en effet, 0,9 kg de CO2 par kilowattheure d’électricité produite.

Selon l’école de santé publique de Harvard, le coût total des dommages causés par le charbon, de l’exploitation minière à l’incinération, s’élève à 523 milliards de dollars par an, ce qui augmenterait de 27 cents le kilowattheure si les propriétaires devaient payer pour le dommage, le rendant beaucoup plus cher que l’énergie éolienne (Epstein et al., 2011).

Un rapport publié en janvier 2013 par le Fonds monétaire international a démontré que les subventions mondiales annuelles pour les combustibles fossiles sont au minimum équivalentes à 1,9 billion de dollars, ce qui équivaut à 2,5% du PIB mondial. En outre, si d’autres subventions carbone (CO2) sont incluses, le montant serait de 3,5 billions de dollars, soit 5% du PIB mondial.

Éolienne offshore VS énergie nucléaire

Les estimations de coûts récentes de Wall Street, notamment Moody’s, Standard and Poor’s et Lazard Ltd., indiquent que l’énergie nucléaire est la plus coûteuse de toutes les sources d’énergie et qu’elle est plus coûteuse que l’énergie issue de la cogénération, de la biomasse, de la géothermie, du solaire thermique et de l’éolien.

La catastrophe nucléaire de Fukushima a démontré les énormes risques liés à toute production d’énergie nucléaire. Les dépassements de coûts, les coûts cachés, les coûts des catastrophes nucléaires et la consommation d’eau, entre autres, rendent toute production d’énergie nucléaire trop risquée.

Les estimations du coût de l’énergie nucléaire ont souvent été déraisonnablement basses pour donner l’impression que l’énergie nucléaire est relativement moins chère. Ces efforts sont une pure propagande. Quand on considère l’escalade du coût de l’uranium, le fait que la fission nucléaire produise des déchets hautement radioactifs qui nécessitent un stockage de dizaines de milliers ou millions d’années, que les installations nucléaires ont des coûts de construction et d’entretien plus élevés que les autres sources de production, cette option n’est plus écologiquement viable.

Contrairement au nucléaire, le vent offre une source d’énergie décentralisée. Une centrale nucléaire nécessitant une maintenance non planifiée peut absorber 1 200 MW, un scénario improbable dans le modèle éolien offshore où chaque turbine ne génère pas plus de 5 MW d’énergie.

Les défis de l’éolien en mer

Bien que les éoliennes en mer elles-mêmes ne libèrent pas de polluants dans l’air ou la mer, leur installation et leur fonctionnement peuvent présenter des risques pour l’environnement marin. Par exemple, l’ancrage des fondations des turbines et des câbles sous-marins provoque des perturbations des sédiments et du bruit sur le fond marin et peut entraîner la perte d’habitats pour la vie marine. Et lorsque les éoliennes en mer deviennent opérationnelles, la rotation de leurs lames peut représenter un danger pour les oiseaux migrateurs et peut causer des vibrations sous-marines qui peuvent affecter les poissons et les mammifères marins.

D’un point de vue esthétique, les projets de développement de parcs éoliens off-shore rencontrent parfois l’opposition des riverains, arguant que le placement des éoliennes au large est une horreur qui perturbe les vues du paysage marin, nuisant ainsi aux valeurs foncières et aux économies locales.

Le plus grand défi qui peut empêcher le développement généralisé de l’énergie éolienne offshore est peut-être son coût. Les coûts associés à presque tous les aspects de la construction, de l’exploitation et de l’entretien des parcs éoliens offshore sont nettement plus élevés que ceux des installations à terre. En commençant par les turbines elles-mêmes, la nécessité de «mariner» la machinerie pour la protéger des conditions extra-côtières peut représenter jusqu’à 20% des coûts unitaires.

Avec tous les défis qui se posent au développement de l’énergie éolienne offshore, il pourrait sembler que les perspectives pour l’avenir de l’industrie sont sombres. Il n’en est rien. Motivés par un manque d’espace onshore, des incitations financières attrayantes, et un soutien public accru pour l’énergie renouvelable, les développeurs éoliens offshore en Europe et aux États-Unis utilisent maintenant des moyens créatifs pour surmonter l’impact de ces défis.

En dépit des nombreux challenges qu’ils doivent relever, les parcs éoliens offshores sont sur le point de devenir une source d’énergie importante dans un avenir proche : on s’attend à ce qu’à la fin de cette décennie, des parcs éoliens d’une capacité totale de milliers de mégawatts soient installés dans les mers européennes. Cela équivaudra à plusieurs grandes centrales électriques au charbon traditionnelles. Des projets sont actuellement en cours pour des parcs éoliens de grande envergure dans les eaux suédoises, danoises, allemandes, hollandaises, belges, britanniques et irlandaises. Les premiers parcs sont actuellement construits au Danemark, notamment au sud de l’île Lolland et à Horns Rev, au large de la côte ouest.

Top 5 des pays les moins chers pour vos vacances

Top 5 des pays les moins chers pour vos vacances

Vous cherchez une destination de vacances bon marché ? Alors, vous êtes au bon endroit ! Alors que les experts prédisent une augmentation du prix des voyages et des hôtels, il est toujours possible d’aller en vacance sans se ruiner. Nous avons compilé pour vous notre top 5 des pays les moins chers pour vos vacances. Profitez d’un séjour de rêve sans craindre pour vos finances !

1- Le Cambodge

Avec des chambres d’hôtel pour 3 € et de la nourriture savoureuse pour moins que ça, le Cambodge est un endroit si bon marché pour partir en vacances que vous pourrez vous sentir coupable de payer si peu. Les voyageurs craignaient autrefois de trop marcher, mais le Cambodge est maintenant très présent sur la scène du voyage en Asie du Sud-est, en particulier chez les routards et chez les vacanciers à la recherche d’un luxe cinq étoiles à prix d’or.

Vous pourrez, par exemple, y découvrir le « Boutique hôtel Siddhârta ». Ses intérieurs richement décorés, ses docks iPod dans la chambre et sa superbe piscine extérieure pour seulement 55 € la nuit sont très loin d’une auberge crasseuse. Il est également à dix minutes de route du célèbre parc archéologique d’Angkor Wat. Vous ne pouvez pas quitter le Cambodge sans visiter ce site antique emblématique, de préférence à l’aube pour regarder le soleil se lever derrière le temple d’Angkor Wat. Bien que les prix des billets aient légèrement augmenté, l’entrée dans ce vaste site du patrimoine mondial de l’UNESCO ne coûtera que 30 € pour une journée complète.

2- Le Vietnam

Encore vierge et peu développé, le Vietnam est toujours l’une des destinations de voyage les plus abordables, en dépit de sa popularité. Vous serez fasciné par les luxuriants paysages de montagne et les vastes étendues de sable blanc de ce beau pays. Vous pouvez, avec un budget de 11 € par jour, trouver une maison d’hôtes, de la nourriture et une pinte de bière locale.

Hanoi, ancienne capitale de l’Indochine française et ensuite centre administratif du Nord-Vietnam communiste, est l’une des étapes à ne pas manquer. Elle conserve une grande partie de sa saveur française. Vous y trouverez d’excellentes pâtisseries produisant des croissants qui rivalisent avec ceux de Paris. Le vieux quartier de Hanoi, autour du lac Hoan Kiem, est le meilleur endroit pour s’imprégner du charme postcolonial de la ville. C’est aussi une oasis de calme rare dans cette ville autrement chaotique, où les habitants vont tous les matins au lever du soleil pour pratiquer le tai-chi.

Vivez la vie rurale vietnamienne autour de la station de montagne de Da Lat dans les hauts plateaux du centre. La ville est un peu envahie par les touristes, car c’est le principal point de départ de nombreuses excursions en moto Easy Rider. Cependant, les fermes de fleurs, les usines locales de tofu, les plantations de noix de cajou et, bien sûr, les rizières emblématiques valent le détour. Arrêtez-vous dans l’une des chambres excentriques de la Crazy House, un projet personnel de l’architecte ệng Việt Nga, avant d’accélérer le long de la côte vers Ho Chi Minh, ville anciennement appelé Saigon.

3- L’Inde

Top 5 des pays les moins chers pour vos vacances

Une frénésie dans les boutiques de luxe de Mumbai et un séjour dans un hôtel international à Delhi vont vous coûter autant qu’à Dubaï, mais loin de ces enclaves, le coût de la vie est ridiculement bas. Même si vous voyagez en première classe dans les trains et prenez des taxis, vous aurez du mal à dépenser beaucoup d’argent. Avec un budget de seulement 17 € par jour, vous pouvez vous restaurer dans les thalis locaux et loger dans une auberge.

L’Inde est le septième plus grand pays au monde. donc à moins de prévoir un séjour incroyable de six mois, il est payant de prévoir à l’avance lequel des 29 états du pays vous voulez visiter. Vous pouvez vous diriger vers l’ouest de l’Inde au Rajasthan pour un dépaysement complet des sens dans la capitale de l’État, la ville rose, Jaipur. Vous pouvez aussi opter pour un retour en arrière sur les plages de sable blanc du Kerala dans le sud de l’Inde.

Vous ne pouvez pas faire tout ce chemin sans voir ce qui pourrait bien être la tombe la plus célèbre du monde : le Taj Mahal, à Agra, au nord de l’Inde. Toutefois, gardez-vous de vous y rendre un vendredi, car c’est fermé. Vous y trouverez quelques-uns des meilleurs restaurants de rue de l’Inde, en particulier dans les rues étroites et les boulevards animés autour de Connaught Place dans le centre de la ville.

 

4- La Bolivie

Connue sous le nom du Tibet des Amériques, la Bolivie est une superbe destination touristique, relativement isolé : elle s’avère l’un des deux seuls pays enclavés d’Amérique du Sud (l’autre étant le Paraguay). Vous pourrez vous promener le long de la Calle Jaén, capitale administrative de la Bolivie. La Paz, ville autrefois sous contrôle espagnol, abrite certains des bâtiments coloniaux les mieux conservés : des façades blanchies à la chaux et des balconnets grillagés. C’est aussi là que vous trouverez un groupe de musées, par lesquels se trouve l’ancienne maison de Pedro Domingo Murillo, qui a dirigé les forces pendant la Révolution de 1809. Vous pouvez également faire un détour au Museo Costumbrista, qui abrite une céramique représentant la pendaison du révolutionnaire Pedro Domingo Murillo.

La Bolivie est l’un des pays les moins chers de toute l’Amérique du Sud en ce qui concerne la nourriture et les boissons. Par exemple, une bouteille de bière Paceña coûte généralement moins de 1,7 € et un bol de chairo (soupe de pommes de terre) coûte, à peu près, la même somme. Prévoyez des vêtements contre le froid pour la soirée. Bien que la Bolivie soit soumise à des étés tropicaux chauds et humides, La Paz reste fraîche toute l’année, car elle est entourée par les montagnes de l’Altipano.

Vous pouvez aussi vous diriger vers Oruro si vous préférez les contrées chaudes et ensoleillées. Cette ville au cœur de l’Altiplano est célèbre pour son carnaval, qui se tient chaque année en février ou en mars pour honorer la Vierge de Candelaria. Trois heures de bus depuis La Paz, et vous pourriez prendre part à cette célébration élevée au statut de patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Ce joyau de la culture indigène et religieuse bolivienne compte plus de 48 spectacles de danse folklorique, ainsi qu’un défilé traditionnel.

5- La Hongrie

Budapest, la capitale historique de la Hongrie qui longe le Danube, est incontournable dans une tournée européenne. Vous pouvez y déguster des gâteaux succulents, et vous rafraîchir avec de l’alcool fort et vous détendre dans l’une de ses célèbres stations thermales. Comme certains touristes connaisseurs, vous pourrez vous offrir un détour chez Gerbeaud pour des pâtisseries gastronomiques trop jolies pour être mangées et/ou visiter un kávéház (café traditionnel) pour une portion de kürtőskalács ou de gâteau de cheminée au chocolat.

Avec des dîners assis pour moins de 5 €, des bières pour 1 € et des chambres pour 11 € la nuit, Budapest est une belle affaire pour les vacanciers aux budgets serrés. Vous pouvez visiter ses bains somptueux à partir de 15 € pour la journée, avec des massages commençant à moins d’un euro.

Si vous recherchez une retraite tranquille à la campagne, jetez un coup d’œil au lac Balaton, en Transdanubie, dans l’ouest de la Hongrie. Le plus grand lac d’Europe centrale est une retraite estivale populaire pour les familles locales qui cherchent à échapper à la canicule pendant la période estivale. C’est seulement à une heure et demie de train de Budapest.

Une autre possibilité non moins alléchante est d’effectuer une randonnée dans les collines du nord, de nager dans le lac et de naviguer sur les eaux fraîches, avant de déguster des vins incroyablement bon marché et produits localement à partir des vignobles disséminés à travers la colline de Badacsony.

Est-ce vraiment une bonne idée de transférer les centres de données au fond de la mer ?

Est-ce vraiment une bonne idée de transférer les centres de données au fond de la mer ?

Vers 5 heures, par un matin brumeux de début juin, un groupe d’ingénieurs, d’informaticiens et de chercheurs est monté à bord d’un bateau sur les îles écossaises éloignées des Orcades. Vers minuit le même jour, ils ont accosté au même port qu’ils avaient quitté ce matin-là. En 19 heures, un vaste projet d’infrastructure a été réalisé : un centre de données étanche, composé de 864 serveurs répartis sur 12 supports, a été immergé au fond de l’océan.

Une barge géante, équipée de grues, a traîné le centre de données jusqu’à son lieu de repos. Une fois fixé sur une dalle rocheuse à 35m sous la surface, les ingénieurs ont utilisé un drone sous-marin pour le relier à un câble précédemment posé. “Il y a toujours un risque que quelque chose ne fonctionne pas parce que nous ne voyons pas le câble” dit Ben Cutler, chef du centre de données sous-marines de Microsoft, qui a été baptisé Project Natick.

Pourquoi immerger les centres de données ?

Le but de ce projet ambitieux ? Réduire potentiellement les quantités colossales d’énergie nécessaires en vue de la consommation de plus en plus gourmande de données. Microsoft travaille sur le projet Natick depuis 2014 et a déjà testé un centre de données submergé à petite échelle dans l’océan Pacifique pendant 105 jours.

La nouvelle structure de 12m de long utilise la technologie de compression des sous-marins et a été conçue pour rester au fond de la mer pendant cinq ans. Elle sera opérationnelle pendant au moins un an pour que Microsoft puisse voir comment elle fonctionne et, pendant ce temps, les ingénieurs ne peuvent pas accéder physiquement à la capsule. Si les composants technologiques à l’intérieur se cassent, il n’y aura aucun espoir de réparation.

Le principe de l’immersion du centre de données est simple : l’eau de mer froide pourrait aider à réduire le coût de refroidissement des serveurs à l’intérieur du tube métallique. Le câble relié au centre de données fournit de l’électricité produite à partir de sources renouvelables sur terre et contient également les câbles Internet, qui seront acheminés vers la terre. Selon Microsoft, le centre de données est aussi puissant que “plusieurs milliers de PC haut de gamme”.

Un impact sur l’environnement

Et comme le monde est de plus en plus demandeur de données, les entreprises ont du mal à maîtriser son impact sur l’environnement. “Il ne s’en va pas, il s’agrandit ” dit Colin Pattinson, doyen de l’école d’informatique, de technologies créatives et d’ingénierie de l’Université Leeds Beckett. “Tout ce que nous produisons, tout ce que nous créons, devient de plus en plus gourmand en données” ajoute-t-il.

Selon une étude de la Commission européenne, l’industrie des TIC, qui comprend les centres de données, produit jusqu’à deux pour cent des émissions mondiales de CO2. Les centres de données ont également l’empreinte carbone qui croît le plus rapidement de tous les secteurs du secteur des TIC, principalement en raison de la croissance de l’informatique dans le Cloud et de l’utilisation générale d’Internet. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas abritent les plus grands centres de données d’Europe et l’on estime que d’ici 2020, les centres de données de l’UE consommeront 104 térawattheures d’énergie par an. Cela devrait représenter environ quatre pour cent de la consommation totale d’énergie.

Donc, si les centres de données peuvent être immergés au fond de l’océan pour réduire la quantité d’électricité dont ils ont besoin, ne peut-on pas tout simplement tous les y déposer ? La réponse courte : non. Il y a des facteurs plus complexes en jeu. Actuellement, Microsoft n’est pas certain que la dernière phase de son expérience sera couronnée de succès. Les choses pourraient mal tourner, les serveurs pourraient tomber en panne et l’ensemble du projet pourrait couler sans laisser de trace.

Il y a aussi des considérations concernant l’impact sur l’environnement. Cutler indique que la première phase d’essai de 105 jours a émis une petite quantité de chaleur dans l’océan et il s’attend à ce que la même chose se produise cette fois-ci. La quantité de chaleur dégagée est surveillée à l’aide de capteurs, tout comme la quantité de bruit créée par le centre de données. ” En examinant le centre de données de la phase un, nous avons constaté qu’en quelques jours, il était envahi par les phoques” dit-il. “Nous avions du poisson autour de nous, des crabes rampant partout.” D’après les caméras placées autour du centre de données des Orcades, il y a déjà “des créatures très exotiques qui se baladent”.

“Dans un sens, cela vaut la peine d’essayer” Pattinson, qui a étudié l’impact environnemental des centres de données. “Les plus récents efforts pour réduire la consommation d’énergie ont été de profiter des conditions climatiques.” Au cours de la dernière décennie, des centres de données ont été créés dans des pays aux climats plus froids, comme l’Islande. “Les centres de données situés en Scandinavie et en Europe du Nord sont plus performants sur le plan énergétique, principalement en raison des conditions ambiantes plus fraîches qui facilitent une utilisation plus économique” indique la recherche de la Commission européenne.

Une initiative efficace ?

Pattinson affirme que tout ce qui contribue à réduire la consommation d’énergie des centres de données est positif, mais que les gains d’efficacité sont de plus en plus faibles. Il y a quelques années, des techniques telles que la virtualisation des serveurs, les techniques de refroidissement à l’air libre et l’exploitation des climats plus froids ont fait une grande différence, mais ces gains diminuent de jour en jour.

Ainsi, bien qu’il n’existe peut-être pas de solution radicale pour réduire la consommation d’énergie des centres de données, nous pourrons peut-être utiliser les technologies émergentes pour améliorer encore davantage l’efficacité énergétique. L’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique pour mieux comprendre les données est l’un des domaines où les gains d’efficacité potentiels sont les plus importants. Les algorithmes développés par DeepMind de Google ont montré qu’il est possible de réduire jusqu’à 40 % l’énergie utilisée pour refroidir ses centres de données.

“En fait, ce que nous essayons de faire maintenant, c’est de réaliser encore plus d’économies à partir de la même technologie de base”, ajoute Pattinson. “Nous pouvons réduire le taux d’augmentation, mais il y aura toujours une augmentation de la demande d’énergie que les centres de données créent en raison des volumes de données que nous produisons.”

Cutler de Microsoft ajoute que l’entreprise explore également l’utilisation de centres de données sous-marins comme récifs artificiels, des structures artificielles fabriquées par l’homme qui peuvent être utilisées pour promouvoir la faune sauvage. Dans le monde entier, d’anciens trains, citernes et navires ont été transformés en récifs artificiels pour améliorer l’environnement marin.

Mais les centres de données sont de grosses entreprises, d’autant plus que le cloud et l’intelligence artificielle des plus grandes entreprises de technologie prennent de l’expansion. (Apple dit que tous ses centres de données sont entièrement alimentés par des énergies renouvelables, Facebook s’efforce d’atteindre 100 % d’énergie renouvelable, Google achètera 100 % d’énergie renouvelable pour égaler son utilisation de données en 2018 et Microsoft dit que tous ses centres de données sont neutres en carbone). Plus de 20 milliards de dollars ont été dépensés pour les bâtiments des centres de données en 2017, selon une étude de la société immobilière CBRE. Et Microsoft a un argument économique pour tenter le projet Natick.

“On pourrait imaginer un centre de données dans l’océan qui pourrait en avoir plus d’un”, dit Cutler. “Il pourrait y en avoir beaucoup et ils pourraient être reliés.” Il prévoit qu’il sera possible pour Microsoft de fabriquer et de créer les centres de données sous-marins dans un délai de 90 jours et de les installer près des villes. “Imaginez une usine où l’on construit ces centres de données et c’est là que les serveurs apparaissent. Ils sont équipés, scellés dans ces conteneurs et quelqu’un appelle pour dire qu’ils ont besoin de deux mégawatts de capacité au large des côtes d’un pays.”

Beatrice Nicolas-Meunier, chef de projet à la firme d’ingénierie Naval Group qui a construit le centre de données Natick en utilisant la technologie sous-marine, dit que l’échelle n’est pas un problème. “En ce qui concerne la technologie, on peut aller de plus en plus loin” explique-t-elle. Tout problème potentiel provient du transport d’objets plus gros. Elle dit que l’entreprise devrait adopter une technologie marine spécialisée pour déplacer de tels centres de données géants. “Si Microsoft demain voulait en développer un très grand, il faudrait utiliser les mêmes outils” explique Nicolas-Meunier. “Les limites sont les outils autour du déploiement d’un tel vaisseau.”

Si tout se déroule comme prévu pour Microsoft, Cutler imagine la création de centres de données sous-marins au large des côtes des pays du monde entier, ajoutant que, dans la plupart des cas, les villes à forte population ne sont qu’à 200 kilomètres de la côte. Et rapprocher les centres de données des villes pourrait avoir un autre avantage : si les données n’ont pas à se déplacer si loin, les connexions sont plus rapides. Mais ne vous attendez pas à ce qu’ils soient ajoutés à des lacs ou à d’autres plans d’eau. “Ce qu’il y a de bien avec l’océan, c’est qu’il y a toujours un courant” dit-il. “Avec un plan d’eau stagnante, où va la chaleur ?”

Le “Selfish Ledger” de Google

Le “Selfish Ledger” de Google

Cette vidéo interne de 2016 montre un concept de Google sur comment la collecte totale de données pourrait remodeler la société.

Google a bâti une entreprise valant plusieurs milliards de dollars grâce à la connaissance de tout ce qui concerne ses utilisateurs. Aujourd’hui, une vidéo produite au sein de Google et obtenue par The Verge offre un regard étonnamment ambitieux et troublant sur la façon dont certains au sein de l’entreprise envisagent d’utiliser cette information à l’avenir.

La vidéo a été réalisée fin 2016 par Nick Foster, responsable du design chez X (anciennement Google X) et co-fondateur du Near Future Laboratory. La vidéo, partagée en interne au sein de Google, imagine un avenir de collecte totale de données, où Google aide les utilisateurs à s’aligner avec leurs objectifs, imprime des dispositifs personnalisés pour collecter plus de données, et guide même le comportement de populations entières pour résoudre des problèmes globaux comme la pauvreté et la maladie.

Lorsqu’on lui a demandé de commenter la vidéo, un porte-parole de X a fait la déclaration suivante à The Verge :

“Nous comprenons que ce soit perturbateur, c’était le but. Il s’agit d’une expérience de pensée de l’équipe de conception d’il y a des années qui utilise une technique connue sous le nom de “design spéculatif” pour explorer des idées et des concepts gênants afin de provoquer la discussion et le débat. Ce n’est pas lié à des produits actuels ou futurs.”

Intitulé The Selfish Ledger, ce film de 9 minutes débute par une histoire de l’épigénétique lamarckienne, qui s’intéresse largement à la transmission des traits acquis au cours de la vie d’un organisme. En narrant la vidéo, Foster reconnaît que cette théorie a été discréditée lorsqu’il s’agit de génétique, mais dit qu’elle fournit une métaphore utile pour les données des utilisateurs. (Le titre est un hommage au livre de Richard Dawkins de 1976, The Selfish Gene.) La façon dont nous utilisons nos téléphones crée “une représentation en constante évolution de qui nous sommes” ce que Foster appelle un “ledger” (registre en français), posant que ces profils de données pourraient être construits, utilisés pour modifier les comportements et transférés d’un utilisateur à l’autre :

“Les principes de conception centrée sur l’utilisateur ont dominé le monde de l’informatique pendant de nombreuses décennies, mais que se passerait-il si on regardait les choses un peu différemment ? Et si l’on pouvait donner au “ledger” une volonté ou un but plutôt que de simplement servir de registre historique ? Et si nous nous concentrions sur la création d’un “ledger” plus riche en introduisant plus de sources d’information ? Et si nous nous considérions non pas comme les propriétaires de cette information, mais comme des gardiens, des porteurs transitoires ou des tuteurs ?”

Ce qu’on appelle le registre de l’utilisation de nos appareils, les données sur nos “actions, décisions, préférences, mouvements et relations”, est quelque chose qui pourrait être transmis à d’autres utilisateurs, tout comme l’information génétique est transmise d’une génération à l’autre, dit Foster.

En s’appuyant sur l’idée de ce registre, la partie centrale de la vidéo présente un système conceptuel Resolutions by Google, dans lequel Google incite les utilisateurs à choisir un objectif de vie et les guide ensuite vers celui-ci dans chaque interaction qu’ils ont avec leur téléphone. Les exemples, qui “reflètent les valeurs de Google en tant qu’organisation” incluent notamment une incitation à essayer une option plus respectueuse de l’environnement lorsqu’on appelle un Uber ou à acheter des produits locaux de Safeway.

Bien sûr, le concept est basé sur un accès de Google à une énorme quantité de données et de décisions des utilisateurs. Les préoccupations relatives à la protection de la vie privée ou les externalités négatives potentielles ne sont jamais mentionnées dans la vidéo. La demande du ledger d’obtenir toujours plus de données pourrait être l’aspect le plus troublant de la présentation.

Foster envisage un avenir où “la notion de ledger axé sur les objectifs devient plus acceptable” et où “les suggestions peuvent être converties non pas par l’utilisateur mais par le ledger lui-même”. C’est là que les références à Black Mirror se manifestent, le ledger cherchant activement à combler les lacunes dans ses connaissances et même à sélectionner des produits de collecte de données à acheter qui, selon lui, pourraient plaire à l’utilisateur. L’exemple donné dans la vidéo est une balance de salle de bain parce que le ledger ne sait pas encore combien pèse son utilisateur. La vidéo prend ensuite une autre tournure vers la science-fiction qui provoque un sentiment angoissant, imaginant que le ledger peut devenir si astucieux qu’il propose et imprime en 3D ses propres conceptions.

La vision du ledger de Foster va au-delà d’un outil d’auto-amélioration. Le système serait capable de “combler les lacunes dans ses connaissances et d’affiner son modèle de comportement humain”, pas seulement votre comportement en particulier ou le mien, mais celui de l’espèce humaine tout entière. “En considérant les données des utilisateurs comme multigénérationnelles, explique Foster, il devient possible pour les utilisateurs émergents de bénéficier des comportements et des décisions de la génération précédente. Foster imagine l’exploitation de la base de données du comportement humain à la recherche de modèles, le “séquençage” comme le génome humain, et la “prédiction de plus en plus précise des décisions et des comportements futurs.”

“Au fur et à mesure que les cycles de collecte et de comparaison s’étendent, conclut Foster, il est possible de développer une compréhension à l’échelle de l’espèce de questions complexes telles que la dépression, la santé et la pauvreté.”

Certes, le travail de Foster est de diriger le design chez X, l’usine “moonshot” de Google avec des objectifs intrinsèquement futuristes, et le concept de ledger frôle la science-fiction, mais il s’aligne presque parfaitement avec les attitudes exprimées dans les produits existants de Google. Google Photos présume déjà de savoir ce que vous considérerez comme des moments forts de la vie, en proposant des albums entiers sur la base de ses interprétations avec l’IA. Google Maps et l’assistant Google font tous les deux des suggestions basées sur les informations qu’ils ont sur votre emplacement habituel et vos habitudes. La tendance avec tous ces services a été vers une plus grande curiosité et une plus grande assurance de la part de Google. Même les compositions des emails sont automatisées dans Gmail.

À une époque où l’éthique des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle fait son entrée dans le discours public, Google continue d’être pris au dépourvu par les implications éthiques et les inconvénients potentiels de ses produits, comme on l’a vu tout récemment avec sa démonstration de l’intelligence artificielle en duplex à l’I/O. Le tollé sur le potentiel de Duplex à tromper a incité Google à ajouter la promesse que son IA s’identifiera toujours comme tel lorsqu’il appellera des employés de service qui ne soupçonnent rien.

Le Selfish Ledger positionne Google comme celui qui résout les problèmes les plus insolubles du monde, alimenté par un degré d’informations personnelles d’une intimité inquiétante de chaque utilisateur et une facilité à guider le comportement de populations entières. Rien ne suggère que ce soit plus qu’un exercice de réflexion à l’intérieur de Google, initié par un dirigeant influent. Mais il donne un aperçu éclairant des types de conversations qui se déroulent au sein de l’entreprise qui est déjà le collecteur de données personnelles le plus prolifique au monde.